"Quand avez-vous été élève au Lycée Français Jean Monnet? »
Je suis arrivée au Lycée Jean Monnet en 2e maternelle, dans la classe de Mme Barre en 1981! J'y suis restée jusqu' à la classe de 8e. J'ai passé les 4 années suivantes (7e jusqu'a 4e) au Lycée Français Rochambeau à Washington DC. J'ai réintégré le Lycée Jean Monnet en classe de troisième. J'y suis ensuite restée jusqu'au Bac, en 1995. Cela fait donc 10 ans en tout!
"Pourquoi vos parents vous ont-ils inscrites dans ce type d'enseignement?"
Mes parents (tous les deux belges), ont été amenés à voyager fréquemment du fait de leur profession. Les lycées français à l'étranger assurent les mêmes méthodes, le même type d'encadrement, etc. Mes sœurs, mon frère, et moi même avons donc bénéficié d'un enseignement de qualité en français quel que soit le pays où nous nous sommes retrouvés. Je continue d'ailleurs avec mes enfants. Mon petit garçon est en 1e maternelle au lycée français de Pékin.
"Qu'avez-vous retiré comme bénéfices de cet enseignement?"
Je pense que l'enseignement assez "classique" des lycées français permet d'acquérir des compétences très solides dans des matières clés utiles pour le monde universitaire: l'accent y était mis sur les langues (et surtout l'expression écrite en français), les mathématiques, les sciences et l'histoire-géographie sans trop de "dispersion" et avec une exigence de réussite certaine. Le secondaire au Lycee Français vous prépare bien pour les études supérieures, je pense quel que soit le pays où vous voulez les poursuivre.
Certains y voient trop de rigueur et d'élitisme et les techniques d'enseignement leur paraissent rigides, comparées sans doute aux écoles anglo-saxonnes plus participatives, encourageant les travaux d'équipe et une approche parfois plus ludique. Cependant, je pense que cette approche a plus de sens justement en milieu post-scolaire. Il est important, jusqu'à 17 ans, de s'être concentré sur l'essentiel et ainsi de pouvoir s'auto-évaluer (sur ses compétences et intérêts) afin de faire les meilleurs choix pour l'avenir.
La passion de la plupart de mes professeurs (des petites classes à la terminale) m'a aussi été très bénéfique. Leur plaisir d'enseigner et leur amour pour leur matière m'ont toujours enthousiasmée et encouragée à en faire plus (Mme Nacfer - 3e maternelle pour son imagination, M. M'rad pour l'histoire, M. Lamour pour le latin, M. Delecroix pour la philosophie, M. Théoleyre pour les Sciences Physiques, M. Fontaine pour la natation ,Mme Bel bien sûr qui nous a tous marqués...)
Enfin le multiculturalisme (mes amis étaient ivoiriens, rwandais, anglais, israéliens, portugais etc. etc.) et cela m'a définitivement donné le goût du voyage.
"Quels souvenirs en gardez-vous?"
Je me souviens de Doumaco, un petit garçon indien imaginaire à qui nous écrivions (à 5 ans).
Je me souviens du soleil dans la chambre d’ Anna de Noailles (à 8 ans). Du Colosse au Pied d'Argile et de nos parents prolétaires (à 14 ans). Je me souviens avoir appris qu'il n'y avait, au sens biologique du terme, pas de "races" pour parler des hommes (à 15 ans). Je me souviens de l'Amitié selon Sénèque (à 16 ans) et de l'amour selon Vian (17 ans).
Je me souviens surtout de mes amis, avec qui j'ai gardé un très bon contact malgré les distances et les années.
"Et après le lycée de Bruxelles quels ont été vos parcours?"
Après mon bac, j'ai étudié 5 ans à l'Université Libre de Bruxelles, dans l'Ecole d'ingénieur de Gestion "SOLVAY". Mon premier boulot (de 2000 à 2003), fut comme Business Analyst dans le cabinet américain de conseil en stratégie d'entreprise "A.T.Kearney". J'ai ensuite changé radicalement de cap pour partir travailler pour l'ONG Handicap International au Cambodge jusqu ‘en 2006. Je continue à l'heure actuelle de travailler dans le secteur de l'aide au développement, mais maintenant en Chine, pour la Commission Européenne.
Mon mari et mes deux enfants sont ici avec moi. Mes frères et soeurs (aussi anciens du LFB) sont actuellement aux Etats-Unis, en Afghanistan et en Belgique. Quand je vous parlais du goût du voyage....