Tout au long du mois de décembre, les classes de 3ème ont vécu une journée intense lors de la sortie à Malines. La matinée était consacrée à la visite du musée juif de la déportation et l’après midi à celle du fort de Breendonk. Les classes, divisées en groupes, ont été accueillies par des guides. Une élève de 3ème7, Anne-Louise, nous raconte cette sortie.
Le 1er décembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne: c’est le début de la guerre. Au printemps 1940, toute l’Europe occidentale est sous la domination d’Hitler car ce dernier utilise l’attaque nommée Blitzkrieg qui consiste à bombarder les villes par l’aviation, à les détruire avec les chars d’assauts avant d’y envoyer l’infanterie mais aussi parce que, à la surprise des autres pays européens, il attaque par le nord et non par l’est et l’ouest des frontières. De ce fait, le führer allemand envahit, le 10 mai 1940, les Pays-Bas (qui lutte pendant dix jours), puis la Belgique (qui se défend pendant dix-huit jours) et enfin le nord de la France (qui résiste durant six semaines).
(Inscription: Belges souvenez-vous que de cette caserne 24.161 Israelites ont été déportés vers des camps d’Allemagne)
La caserne de Malines, construite en 1756, fut, au début, édifiée pour des raisons purement militaires. En 1914, elle devint un entrepôt d’armes jusqu’au début de la deuxième guerre mondiale mais à partir de ce moment-là, la caserne devint la propriété des nazis.
En vérité, Malines était une ville se situant exactement entre Bruxelles et Anvers, les principaux habitats Juifs (avec 95% de la population juive de Belgique vivant dans ces deux villes). De plus, la caserne se situant directement à coté d’une voie ferrée, ce bâtiment était favorablement placé et il devint, en 1942, un centre essentiel à la déportation des Juifs: un camp de rassemblement.
C’est à cet endroit que les Juifs étaient rassemblés et ‘numérotés’ sur leur avant-bras gauche avant d’être envoyés, par convois de nuit afin que personne soit au courant et ait pitié d’eux, au camp d’extermination d’Auschwitz. Afin de les rapatrier, les allemands utilisaient des ruses: ils envoyaient, par exemple, des ordres de travail ou négociaient avec certaines communes. Les convois se faisaient par trains qui étaient composés essentiellement de wagons à bestiaux (20m²) où se tenaient 100 personnes à la fois. On appelait ces rails « le chemin vers la mort ». Les voyages durant 3 jours, il y avait souvent des morts avant l’arrivée (il y eut seulement un attentat lors de ces trajets, où un enfant possédant un revolver essaya de distraire les gardes pour permettre aux personnes dans les wagons de sauter et s’échapper).
Un convoi à bestiaux, numéroté et classé, utilisé pour transporter une centaine de Juifs à la fois par voyage.
Le camp d’Auschwitz, de 80km de diamètre, composé de plusieurs camps en lui-même, tuait 12 000 personnes par jour. Il était fait de quatre chambres à gaz, un crématoire et aussi de camps de concentration. À l’arrivée, deux files étaient formées : dans la première se trouvaient les femmes, les enfants (car « si l’on tuait les parents, il fallait bien tuer les enfants »), les vieux ainsi que les malades et dans la deuxième, on y regroupait tous les hommes forts de moins de 50 ans ainsi que toutes les belles femmes. À partir de ce moment-là, tout ceux de la première ligne étaient exécutés et ceux de la deuxième file, envoyaient au camp de concentration pour travailler.
Les exécutions se faisaient de deux façons différentes: soit par les chambres à gaz, soit par les fusils. Lors de cette deuxième possibilité, les victimes, nues, creusaient eux-mêmes les tranchées, puis montraient uniquement leurs têtes pour être fusillés: c’était une sorte d’humiliation. Pour les chambres à gaz, il y avait le mensonge de la douche: 600 personnes déshabillées y étaient envoyées à la fois. Cela prenait 20 à 25 minutes pour qu’un ‘groupe’ soit éliminé et les enfants mourraient en premier car le gaz provenait du sol. Certains étaient aussi envoyés chez un ‘docteur-scientifique’, Josef Mengele, qui faisait des tests sur leurs yeux leurs cheveux pour trouver des façons de perfectionner la ‘race supérieure’. Les corps des victimes étaient ensuite débarrassés par d’autres Juifs qui devaient chercher sur les corps des dents en or, des bijoux, des lunettes… : c’était une façon de les terrifier car ils pouvaient ainsi voir d’autres membres de leurs familles.
Les premiers déportés y furent envoyés le 20 septembre 1940. C’était un camp de concentration, construit en 1909 et dirigé par Philipp Schmitt qui semait la terreur à l’aide de son berger allemand.
Le fort fut découvert au début de la Deuxième Guerre Mondiale, recouvert de terre afin d’empêcher l’impact des bombes et, étant déjà équipé de lits et de vêtements, devint un camp de rassemblement pour les opposants politiques ainsi que les Juifs.
Or, avec le temps, il évolua en camp de concentration où les détenus étaient soumis à des disciplines sévères ainsi qu’à trois facteurs de souffrances: la faim car il n’y avait pas suffisamment de nourriture pour tous, le travail forcé et les mauvais traitements qui se faisaient physiquement ainsi que psychologiquement car les déportés étaient non seulement réduits à être des objets, à des chiffres mais aussi traitaient comme des animaux en faisant des travaux de bêtes. Les détenus, lors de leur séjour au camp, devenaient inutile et on les traitait de façon inhumaine (humiliations des détenus, systèmes sadiques…).
Un de ces traitements inhumains était l’appel de tous les matins, dortoir par dortoir, pour aller faire ses besoins. Rang par rang, les détenus devaient mettre face à leurs codétenus et faire leur besoins devant eux; en plus, la femme de M. Schmitt prenait toujours grand plaisir à passer par là avec un morceau de pâtisserie dans la main justement à ce moment-là. C’était donc une façon de le humilier et leur montrer qu’ils ne pouvaient plus avoir une vie privée à eux-seuls.
Les détenus étaient habillés avec les uniformes militaires belges, trouvés dans le château lors de sa découverte.
Sur les 3 500 personnes envoyées à Breendonk, environ 300 y moururent (suite aux brutalités subies, au manque de nourriture…). Les médecins qui devaient analyser ces raisons de morts, en couvraient les véritables causes. De plus, par manque de nourriture, les détenus mangeaient tout ce qu’ils trouvaient, comme de l’herbe ou de la terre, donc les maladies étaient nombreuses. Il n’y eut cependant jamais plus de 800 personnes à la fois dans ce camp car ce dernier était plus petit par rapports aux autres camps de concentration. Mais ce fait était, au contraire, désavantageux pour les détenus car les soldats avaient moins de personnes à harceler (16 gardiens pour 800 prisonniers), donc les tortures, pendaisons, tabassages et exécutions furent nombreuses (pour les SS, une vie juive valait, par exemple, une bouteille de Cognac).